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Ironman 70.3 Mont-Tremblant – JP Ménard

24 juillet 2016
JP Menard - Ironman 70.3 Mont-Tremblant

Malgré des erreurs de débutants et une chaleur accablante sur la course qui a joué pour beaucoup sur le temps, j’ai tout de même réussi à me glisser en 13e position chez les 18-24ans.

Tout le monde qui était présent à Tremblant vous le dira, il faisait chaud, très chaud! Beaucoup ont eu de la difficulté à gérer cette chaleur et moi le premier.

Arrivé le jeudi soir sur le lieu du Ironman 70.3 Mont-Tremblant, j’en ai profité pour aller jouer les touristes dans le village. Alors que c’était complètement désert ce soir la, on ne pouvait se douter que le site accueillerait près de 5000 athlètes pour le week-end. Déjà sur place vendredi, j’ai pu  tester la température de l’eau ainsi qu’une sortie à vélo sur la montée Duplessis, question de me dégourdir les jambes. La chaleur commençait déjà se faire sentir. Équipements testés, enregistrement fait, tout était sur la bonne voie pour avoir une course à la hauteur de mes attentes.

Dernier réglage le samedi, un peu de moulinage suivi d’une légère course pour se dégourdir les pattes, je ressens une douleur dans mon muscle fessier. Rien de trop grave, mais un inconfort qui m’oblige à avoir recourt au service de physio. Je croise les doigts pour cela ne m’empêche pas de performer. Il faut dire qu’avec le triathlon 5i50 et sprint, j’ai marché et couru 15km cette journée la pour encourager à gauche et à droite. Peut-être pas la meilleure idée pour un gars qui avait un Ironman 70.3 le lendemain.

Le matin de la course

Réveil à 6h, pas question de “snoozer” ce matin-là. Aussitôt debout, je m’empresse de boire mon jus de betterave (qui est absolument dégueulasse à mon avis) tout en terminant mes derniers préparatifs. Électrolytes dans les bouteilles, chip à la cheville, c’est un départ pour la zone de transition. Puisque je logeais dans un condo à quelques minutes de la zone, inutile de me presser avec le temps puisque mon départ n’est que 1h12 après celui des pros. Il faut croire que je n’apprends pas de mes erreurs, alors que l’année passée, à quelques minutes de la fermeture de la zone de transition, j’ai eu droit à une crevaison sur mon pneu avant. Et bien cette année, je croyais avoir la paix puisque je roulais des boyaux. Croyez-le ou non j’ai réussi à commettre une gaffe quand même. Pourtant j’avais dégonflé au maximum la pression de mes pneus la veille, pour éviter justement de répéter mon erreur, mais cette fois-ci, la “pine” de valve de ma roue s’est coincée au fond de mon embout de pompe. Je décide de ne pas paniquer, je continue à installer minutieusement mon équipement alors que mon cerveau fait 1001 tours pour trouver une solution. J’emprunte la pompe d’un autre athlète pour pouvoir gonfler mon disque, au moins ça c’était réglé! J’essaie tant bien que mal de récupérer ladite “pine” sans quoi mon boyau se serait dégonflé à vu d’oeil.

Miraculeusement, je réussis à défaire mon embout de pompe pour finalement tout installer en bonne et due forme. Je finis de placer en vitesse ma nutrition, mes souliers et tout le reste alors que j’entends que la zone doit fermer. Ouf! j’ai eu chaud, mais au moins tout est prêt! L’année prochaine, c’est promis, j’arrive à l’ouverture de la zone… C’est en quittant la zone que je croise Pierre-Michel et sa moustache de champion. On échange quelques mots et je repars direction condo pour déjeuner et relaxer avant mon départ qui n’était qu’à 9h12am.

Nage
Je ne pourrais vous dire qu’est-ce que j’avais ce matin-là, je n’étais pas comme d’habitude. Un mélange de stress, d’anxiété, d’excitation… qui ne faisait pas bon mélange. J’attendais ma mère sur la plage pour lui souhaiter bonne fête avant de quitter pour quelques heures. Cette attente a grandement joué sur ma concentration, ce qui n’aidait pas à mon cas! (Alors maman l’année prochaine, tu dois arriver plus tôt!) Enfin, je peux aller me préparer, je fais quelques coups de crawl et j’étais probablement trop dans ma bulle puisque c’est un bénévole qui est venu me chercher dans l’eau pour me dire que ma vague était déjà entrée et partait dans moins d’une minute. Oups! je cours jusque sous l’arche pour rejoindre mon ami Jean-Philippe Martineau qui me cherchait au même moment.

À peine le temps d’ajuster mes lunettes que le coup de départ est lancé! Pour la première fois, je me retrouvais au milieu de beaucoup de nageurs. Ça joue dur, les coups, les coudes, le Cambodge quoi! Pour rester dans le rythme, pas le choix de me joindre de la partie. Une respiration très saccadée qui s’est finalement placée après la 2e bouée. J’essaie de me trouver un nageur pour drafter, mais je me rends compte que celui que je suis nageait pas mal croche. J’accélère la cadence pour essayer de me trouver un nouvel ami à suivre, mais avec mes problèmes de lunettes, impossible de nager sans devoir les ajuster aux 10 secondes.

Finalement, après avoir trouvé un rythme confortable et réglé mon problème de lunette, je termine la section de nage dans mes temps habituels, sois dans les 35 minutes avec un pace de 1:49/100m, et ce, en 25e position dans ma catégorie.

Vélo
Aussitôt sorti de la nage, wetsuit sur le rack, casque attaché, prêt à partir, la T1 se fait à merveille! Le désavantage par contre de partir dans la dernière vague c’est qu’on se retrouve forcément à l’arrière des 2600 athlètes et ce n’est pas toujours évident de dépasser autant de cyclistes. Les premiers kilomètres passent assez vite, je commence déjà à dépasser, j’ai une bonne récupération de la nage et le plan était d’augmenter le tempo en arrivant sur la 117. J’ai l’impression d’aller vite… très vite, peut-être trop vite? Mais j’étais relax et ça roulait bien, c’était l’important. Par contre le soleil commençait déjà à taper. Je m’assure donc de m’hydrater et de bien m’asperger d’eau dans les ravitos pour garder ma température corporelle le plus bas possible. Chose impossible à faire quand il fait plus de 32 degrés et que le soleil de midi te plombe dessus.

Juste avant d’arriver à la fameuse côte de La Conception sur la 117, j’ai la brillante idée de me claquer un gel pour pouvoir attaquer en force. Erreur… le fameux gel avait aussi chaud que le gars qui pédalait. En fait on ne pouvait même plus appeler ça un gel, c’était rendu sous forme liquide. C’est en l’arrachant de ma barre transversale de vélo, qu’il s’est complètement vidé sur ma cuisse! Agréable sensation d’avoir les mains et la jambe complètement collées de sucres. J’essaie de me rincer avec de l’eau remplie d’électrolyte, c’est aussi collant que le gel. J’aperçois un ravito en haut de la montée de La Conception, JOIE!!! je vais pouvoir tout nettoyer.

JP Menard - Ironman 70.3 Mont-Tremblant

JP Menard – Ironman 70.3 Mont-Tremblant

Pour y arriver, je m’accroche à un autre cycliste avec qui j’échange quelques encouragements, on a vaincu cette côte sans problème! Enfin le ravito, j’empoigne une bouteille d’eau pour finalement me rincer et reprendre le focus. Le reste du vélo se fait mieux, j’attaque la montée Duplessis avec beaucoup d’énergie en réserve. Par contre au dernier km avant de faire demi-tour, je vois une ambulance qui se trouve au milieu avec des cyclistes, certains plus amochés que d’autres étendus sur la chaussée. (J’espère que tous les athlètes impliqués dans l’accident se portent mieux). L’image me reste en tête quelque temps, mais je n’ai pas le choix de me remettre focus. Ceux qui ont déjà roulé Duplessis savent que le retour est très rapide. C’est à cette partie que j’ai atteint une vitesse de 71km/h. Je termine finalement le vélo en 2h37, en 15e position, avec une vitesse moyenne de 34.31km/h.

Course
Déterminé à pouvoir rentrer un temps sous les 5 heures, mon objectif était toujours réaliste si j’avais une course parfaite. Cependant un facteur m’échappait pendant mes calculs, la température. En sortant de la T2 rapidement, je réussis à maintenir un pace confortable de 4:50/km avant de pouvoir ouvrir les valves. C’est au 2e km que je croise un coéquipier TGV et que je lui fais part de mes intentions de sub5. Au même moment je regarde mes pieds… oh non, j’ai oublié ma chip dans la zone de transition. Comment? Et bien suite à mon incident de gel, j’ai décidé de changer mes bas noirs de vélo pour des chaussettes propres et jaunes,  question d’attirer moins le soleil. Je ne sais pas si c’est cet oubli, le soleil ou la fatigue qui est rentrée, mais chose sûre, ça la joué sur mon mental et cela m’a pris du temps avant de retrouver un bon rythme. Moi qui avais tant travaillé ma course, me voilà au ralenti à cause de la chaleur. Quelques athlètes de mon groupe d’âge me dépassent, j’essaie de m’accrocher à eux, j’ai beau m’inonder d’eau, m’hydrater le mieux possible, impossible d’accélérer le rythme. Mon corps refusait de pousser davantage.

Mon objectif de temps était disparu, je voulais juste en finir! Vers le 13e km, j’ai frappé un mur comme on frappe un mur dans un marathon. Je remets tout en question, pourquoi suis-je ici… Je me le suis demandé pendant plusieurs minutes. C’est grâce à coach Sophie Yergeau avec ses encouragements qui m’ont permis de reprendre le dessus. Même si je marche tous les ravitos pour m’hydrater et mettre de la glace sous ma casquette, je maintiens un pace “raisonnable” selon les conditions. Au moins mon muscle fessier ne me gêne pas dans ma course. Finalement j’aperçois la montagne, les kilomètres défilent et les encouragements des spectateurs se font de plus en plus bruyants. 2km dans le village et c’est fini. Après la montée dans l’allée centrale, je profite largement de la descente jusqu’au fil d’arrivée. Soulevé par tous les applaudissements et les encouragements de la foule, j’en profite pour finir en beauté avec un petit sprint tout en célébrant avec les spectateurs jusqu’à la fin. Je termine ma course avec un temps de 1:56:59.

Voilà 5:16:59 plus tard, je termine mon 4e Ironman 70.3 avec une grande fierté et le sentiment d’avoir tout donné. Résultat: 13e dans ma catégorie. Est-ce que je suis content de ma performance? Oui et non. Malgré toutes mes erreurs de débutants, je m’en tire avec un bon temps. J’aurais voulu pousser plus fort sur la course, mais avec la chaleur, c’était impossible.

JP Menard - Ironman 70.3 Mont-Tremblant 3 Fil d'arrivée

JP Menard – Ironman 70.3 Mont-Tremblant 3 Fil d’arrivée

Donc oui, selon les conditions, je suis content de ma performance. Aucune blessure sauf mon fameux muscle fessier qui tire. Deux jours après, mes entraînements étaient déjà recommencés. J’ai beau avoir seulement retranché 6 minutes de mon temps de l’an dernier, je termine tout de même en meilleur état. Mon inscription pour 2017 est déjà faite, j’aurai ma revanche l’année prochaine pour mon sub5.

D’ici là, focus sur le Ironman de Tremblant au mois d’août! Petite mention spéciale à l’équipe TGV, c’était ma première course dans l’uniforme de l’équipe, et il faut dire que c’est une famille incroyable, j’ai eu droit à des encouragements tout au long de mon parcours. Bravo à tous les autres participants du 70.3 ainsi que ceux du sprint/5i50 et un ÉNORME merci à tous les bénévoles sans qui on ne pourrait pas avoir un aussi bel évènement.

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