Analyse, Entraînements

Différence d’entraînements entre Boston et NYC

30 décembre 2015
boston vs NYC

Les marathons sont difficiles. Répéter la même recette d’une course à l’autre est encore plus extrême. Voici les résultats d’analyses entre nos différents entraînements et performances aux marathons de New York et de Boston.

Après mes championnats du monde de Ironman 70.3 en Autriche, le plan était clair depuis longtemps avec ma blonde. Le reste du voyage n’allait pas tourner exclusivement sur le sport. C’est ce qu’on appelle la conciliation sport-famille ! Les gros week-ends de compétitions sont parfois difficiles pour la douce moitié qui se fait du sang d’encre du début à la fin de la course, mais lorsque les week-ends sont longs et durent presqu’une semaine comme dans le cas des championnats du monde, il faut prendre des pauses à la préparation à quelques reprises pour s’occuper de la petite famille. D’ailleurs, cette année, avec la petite de 3 mois, il était clair que dès que la course était terminée, j’allais m’occuper d’elles au maximum. On est chanceux d’avoir des congés de paternité, il faut les utiliser à bon escient !

Ceci étant dit, les 3 semaines suivant la compétition, j’en ai profité pour passer un temps de qualité incroyable avec la famille à voyager en Europe. Comme nous bougions rapidement et régulièrement, il était difficile de trouver le temps pour d’entraînement (la fameuse excuse du manque de temps).

J’avais prévu recommencer l’entraînement lors de ma dernière semaine de vacances, pensant qu’on allait ralentir le rythme et s’accrocher un peu plus les pieds.  Cela me donnait quelques 6 semaines bien précises pour reconstruire ma forme spécifique de marathonien. Défi que j’avais hâte de relever suite à mes succès au marathon de Boston, plus tôt dans l’année.

Ces 6 semaines sont rapidement tombées à presque 5 semaines puisque malheureusement, nous n’avons pas eu l’occasion de s’arrêter suffisamment lors de la dernière semaine pour me permettre de rentrer de la course à pied de façon régulière. J’ai quand même réussi, ici-et-là, à faire une sortie d’une heure, mais rien de vraiment efficace et spécifique. C’était plus de la course touristique à me perdre dans Barcelone et Nice.

L’évolution de notre entraînement

En revenant de New York, nous avons longtemps discuté de notre course, analysé tous les détails, dont j’ai résumé les grandes lignes dans mon récit de course sur le marathon de New York. Par contre, ce qu’il y a prit le plus de place dans notre discussion était notre façon de s’entraîner.

Depuis qu’on s’est lancé dans l’entraînement longue distance, Marco et moi avions calqués nos entraînements. Performants à chaque reprise à quelques secondes près, peu importe la distance.

Notre façon de s’entraîner n’est pas exceptionnelle. Elle se base sur certains facteurs déjà connus qu’on a simplement travaillé au cours des années. Chaque sortie doit en être une de qualité et lorsque c’est le temps d’inclure de l’intensité, nous le faisons au maximum. Nous n’avons pas peur de sortir de notre zone de confort pour aller chercher cette petite sensation d’étourdissement au goût de vomi !

Depuis maintenant un an, j’ai débuté le run commute pour me rendre au travail et en revenir. Cette nouvelle routine m’a permis d’atteindre un volume de course inespéré auparavant, car j’étais incapable de rentrer plus de 50 km en une semaine. J’avais ce que je croyais être de la vitesse, mais je n’avais pas le volume nécessaire pour compléter des marathons à ma vitesse souhaitée et sans douleur.

Le commute a été très difficile à rentrer à l’horaire, mais tellement gratifiant. Les premières semaines, je poussais littéralement mes jambes du lit avec mes bras afin de lever mes jambes endolories. Mais une fois la routine bien ancrée, c’était pratiquement devenu impossible à arrêter. Un défi de tous les jours. Le métro et l’autobus devenaient le mal, et le bonheur de courir prenait toute la place.

J’ai donc participé au marathon de Boston avec un entraînement exclusif de run commute. La seule sortie lors d’un week-end fut notre participation à la course du 30 km d’Around The Bay.

Au final, lorsque nous sommes arrivés à Boston, nous avions le même nombre de km depuis le début de l’année et notre dénivelé était à 10 m près. Au chapitre des performances, la différence s’est jouée de peu. Pour New York, Marco a fait comme moi et a changé sa façon de s’entraîner de façon utilitaire en se rendant et revenant du travail.

 

Temps visés vs temps réels Create bar charts

 Tout le monde s’entend pour dire que le marathon de New York est plus difficile que celui de Boston, même si ce dernier comporte 3 belles difficultés dans les Newtons Hills lors du deuxième demi. En général, on descend plus longtemps qu’on monte à Boston. New York, quant à lui, est sans répit. Traverser les 5 quartiers nous force à prendre 5 ponts qui traversent la Hudson River et on retrouve plusieurs longs faux-plats montant qui nous tuent à petits feux.      

Entrainement Boston vs NYC – PM Arcand
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Entrainement Boston vs NYC – Marc-Olivier Toupin
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Détails de l’entraînement de New York

L’automne a été particulièrement chargé en terme de course. Le mois d’octobre, le mois déterminant aux résultats a été très intense. Augmentation du dénivelé pour Marco, augmentation drastique du volume pour moi-même. Les jours de repos étaient les week-end, à l’exception de l’Action de Grâce, où on s’est payé un petit 100 km de vélo à Lake Placid le samedi ainsi qu’une randonnée de 10 km avec des porte-bébés le dimanche au lieu de se reposer convenablement.

Le taper a été presque ignoré dans les deux cas. Pour ma part, je considérais que de me permettre une semaine de repos sur un si court entraînement était du suicide et que j’avais besoin de continuer de progresser. Pour Marco, il a limité son taper à 4 jours avant la compétition.

N’ayant pas pris de pause au cours de l’année, Marco est donc arrivé au marathon de NYC en quasi-surentraînement. Un mot qu’on a de la misère à utiliser car notre volume par semaine n’était pas drastiquement trop élevé. On se compare toujours à quelqu’un d’autre et lorsqu’on court 85 km / semaine, on est loin de ceux qui font du 120-150 km par semaine. Donc difficile d’accepter de parler de surentraînement dans ce cas-ci.

Par contre, lorsqu’on rentre autant de volume et qu’on a tendance à mettre énormément d’intensité dans nos entraînements, j’imagine à quelque part on a fini par brûler la chandelle par les deux bouts et qu’il fallait privilégier l’une ou l’autre des approches et non les deux en même temps.

Pour ma part, je l’ai surtout senti dans les semaines suivant le marathon. J’ai continué à faire énormément de volume, jouant à conquérir quelques Crowns de Strava bien travaillés sur le Mont-Royal et je sentais beaucoup plus fort qu’avant le marathon. Le repos qui a suivi la semaine du marathon et l’intensité qui est revenue dans les semaines qui ont suivi m’ont permis de comprendre l’importance des cycles d’entraînements. Mon entraînement avait été si court, je n’ai pas eu le temps de tomber dans le surentraînement, mais j’avoue que j’étais quand même très épuisé rendu à New York.

En conclusion

Difficile de tirer des leçons claires de tous ces chiffres. Mais il est clair que le repos nous a manqué à nous deux. Pour ma part, c’était utopique de penser courir aussi vite qu’à Boston avec un entraînement si court, mais qui n’ose rien n’a rien ! Pour Marco, malgré des chiffres d’entraînement de meilleure qualité pour NYC, l’absence de longue sortie a joué mentalement. Une fois le mur frappé, le surentrainement l’a empêché de conserver le rythme entamé dans la première partie du marathon. Avec tout ça, on se plait à se dire que si le marathon avait une semaine plus tard, avec une semaine de repos de plus, nous sommes convaincus que nos performances auraient été meilleures. À ne pas oublier lors de la prochaine compétition!

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  • Patrick Sirois 4 janvier 2016 at 9:45

    D’accord avec la notion de surentraînement trop proche de NY. C’est un pensez-y bien lorsque le 80 km UTHC arrivera 😉 Je suis partagé quand au nombre de longues sorties. Il y a différentes théories sur entre plusieurs courtes et une longue. À discuter autour d’un verre de jus de betteraves…

  • john 7 janvier 2016 at 8:07

    Super article, un des meilleur que j’ai lu. Je suis pas a votre niveau « 2:40 », mon meilleur temps est 3:04 a NY et 3:07 a Boston. J’ai fais Boston « 6 fois » et NY « 2 fois » et je cours toujours pour faire un sub 3 aux deux marathons.

    je suis d’accord avec le surentrainement, car j’etais super pres un mois avant le marathon de NY mais tout a lacher au depart « je me senter surper fatigue ».

    Esperant prendre une lecon de ton analyse et esperant vous voir a Boston et NY l’annee prochaine.

    Je suis d’Ottawa, j »ai couru au plateau mon royale cette ete 3 fois, c’etais super.

    Happy run and happy life