Race recap

Le marathon d’Ottawa 2014

11 septembre 2014
4 gars bien contents de leur grosse journée de sport.

Le marathon d’Ottawa : retour sur une course pratiquement parfaite

Pour la deuxième année de suite, on débarque dans l’excitante et palpitante Ottawa, plus précisément, chez Gatineau sa voisine. Cette année par contre, les objectifs sont réels, on ne court pas seulement pour le plaisir, on court pour aller chercher notre BQ (Boston Qualifier).

Dans notre petit groupe de marathonien, on est 5 prétendants pour la qualification de Boston et l’ambiance est à son meilleur.

Depuis mon 1h19 sur demi-marathon à Scotia Bank, Yannick m’a mis dans la tête que je vaux 2 h45 sur marathon. Difficile de croire à ce chiffre quand ça fait 4 mois que tu t’entraines sur 3 :00. On n’enlève pas 15min à un temps de marathon en 1 mois. D’un autre côté, je suis certain qu’avec mes 50 km et moins par semaine, je n’ai pas le volume d’entrainement pour aller si vite. Je vais m’en tenir à mon plan en 3 étapes, 3h05 – BQ, sous les 3h, ou + ou- 2h55.

Yannick, le vétéran, ayant déjà conquis Boston dans sa jeunesse est motivé plus que jamais d’attaquer le parcours d’Ottawa où il avait manqué un sub-3h à cause d’un #2 surprise en pleine course. Voir l’histoire sur son site

Marco et moi sommes, historiquement, toujours du même calibre. On le sait déjà qu’on va finir à quelques secondes l’un de l’autre, peu importe la distance. Parait-il que c’est un gêne quelconque dans la barbe qui fait ça je crois. La différence est dans la gestion de la course. Il est beaucoup plus mature que moi et gère sa course comme un métronome. Il arrive tout le temps sur son objectif à quelques secondes près. De mon côté, je suis beaucoup plus impulsif et influençable, je change souvent mes objectifs le matin de la course si je me sens bien. Deux chemins différents qui mènent au même fil d’arrivée.

Si tout se passe bien, après le départ, je ne devrais pas revoir Yannick et Rémi qui visent le 3 h05. Marco, tel le métronome, devrait arriver sous les 2 h58 et pour Alex, qui ni même lui, n’a d’idée ce qu’il vise! Tout ce qu’on sait, c’est qu’il a fait le volume nécessaire d’entrainement pour aller amplement sous les 3h00. De mon côté, dans l’excitation du départ, je décide soudainement de viser un pace de 4 :05 pour viser un 2 h52.

Alex, sait très bien que sa stratégie est de déjouer son mental et de partir trop vite et de survire la fin du parcours. Il sait que ce n’est pas la bonne chose à faire (au moins), mais impossible d’y faire croire le contraire. Ayant déjà son BQ, il peut se permettre de sortir de sa zone de confort et d’aller chercher un quelconque temps sous les 3h00.

Dès le départ, il accélère et je le regarde partir. Les splits s’enlignent et ma course se passe bien. L’objectif de 4 :05 min/km est respecté et je passe à travers les 21 premiers km sans anicroche. J’ai perdu de vue Alex au loin devant moi et j’ai aperçu Marco au demi-tour qui semblait avoir une bonne course lui aussi. Selon mes estimations, il était un peu plus d’une min derrière moi et sa foulée était toujours aussi parfaite. Il était dans une bonne course également.

Les km s’enlignent et je commence à revenir tranquillement sur Alex pendant qu’on arpente les rues Gatineau autour du 25e km. C’est à ce moment que les erreurs de débutant font surface. Au lieu de continuer ma course selon mon plan de match, j’ai accéléré légèrement, passant 2 km consécutifs sous les 4 :00/km, j’avais hâte de courir avec Alex. Le petit groupe dont je faisais parti conservait le pace que j’imposais, malgré moi. On est arrivé sur Alex avec plus de 15 secondes au km de différence tout en montant une côte. On s’est échangé quelques mots d’encouragement et il nous a laissé filer. Dans ma tête, j’allais le rattraper pour qu’on continue ensemble, mais malheureusement, nous étions arrivé trop vite pour que les groupes puissent se regrouper.

J’ai donc continué avec mon petit groupe jusqu’à la sortie de Gatineau en montant la côte du pont qui était ensevelie dans un épais brouillard où de rares rayons de soleil éclairaient certaines sections du pont. Exactement le genre d’image qu’en entrainement j’aurais mi fin à une session d’intervalles pour prendre des photos avec ma GoPro.

Dans ce mélange de brouillard et de soleil, agrémenté par la bonne côte qui venait avec, notre petit groupe de 5-6 coureurs s’est complètement défait. Je suis revenu dans Ottawa en solitaire pour affronter les 10 derniers km. C’est là que ça s’est gâté. Parce que le moral était rendu moins bon. Les jambes commençaient à être lourdes et j’avais un super bon chrono jusqu’à présent. J’avais de la difficulté à me motiver à pousser plus, car je savais que la qualification pour Boston était déjà presque dans la poche ainsi que le sub-3h. J’ai donc commencé à calculer ma course à l’envers. Je faisais des mathématiques inutiles dans ma tête du genre, il me reste 7 km et plus de 35 min de jeu, alors il ne faut pas que je dépasse les 5 :00/km. C’est une bonne stratégie pour consolider les acquis, mais comme on ouvre la porte au doute, il devient impossible de rester focus sur la course et de garder une vitesse constante.

Le doute, la solitude de courir vraiment seul dans ce segment de la course, peut-être un début d’hypoglycémie, car j’ai oublié de manger sur le parcours, peu importe les excuses, mon pace frisait les 4 :30 au km à l’approche des 40 km. Ce qui me donnait quand même une suffisante marge de manœuvre pour rester sous les 3h00. Le 2h52, je n’y pensais plus, le 2h55, je l’avais déjà oublié. Tout ce que je voyais c’était que je m’en allais à Boston car j’étais convaincu de terminer la course amplement sous les 3h00. Impossible de pousser plus et ça ne me dérangeait même pas.

Je ralentissais, mais j’avais le plus gros des sourires dans la face.

2h56 :45 secondes était mon temps final à l’arrivée.

Bien sur, moins d’une minute derrière, c’était au tour de Marco d’aller chercher son record personnel en 2 :57 :37 avec des splits négatifs dans ses 2 derniers km à 4 :01.

Alex quant à lui, a augmenté son temps d’avance pour Boston à plus de 15 min en décrochant son premier sub-3h en 2 :59 :21.

Yannick, de son côté, a malheureusement manqué sa qualification par 2 min. Ce n’est que partie remise avant qu’on aille à Boston ensemble.

FunFact

À l’arrivée, y’a une fille qui me remercie de l’avoir tirée toute la course, elle a terminé sous les 3h également. Je ne comprends rien, on est un peu dans les vaps après une course, je me dis qu’elle courait derrière moi, ce qui explique pourquoi je ne l’ai pas vue. On a réalisé un peu plus tard qu’elle m’avait pris pour Marco. L’idée de s’habiller pareil!

 

 

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  • Alexandre Benoit 1 décembre 2014 at 10:55

    C’est drôle, je l’aime moins ce post-là… Ça me mets ma stratégie de merde en pleine face! Lol

    • PM 2 décembre 2014 at 12:21

      Ahaha, tu le disais tellement sur le fil de départ : « je vais partir trop vite, parce que je le sais que je vais casser » ! Je continue de penser que si t’étais resté à mes côtés tu m’aurais battu au final 🙂

  • TheWood 10 décembre 2014 at 11:56

    Courir avec le sourire
    Il n’y a rien de mieux
    Bon texte PM